En perdant René Dompnier, Titin, nous perdons non seulement notre Zident de l’UAI, mais aussi un camarade d’une grande gentillesse, dont le calme n’avait d’égal que la stature. René faisait partie des Voironnais, dont beaucoup l’ont précédé dans l’ultime épreuve : Baudin, Delubac, Rasserie, Serre, Vernin. Basketeur et athlète talentueux (*), ce sont surtout ses qualités humaines qui l’avaient naturellement conduit à devenir Zident de l’UAI. Sa carrière dans l’industrie pétrolière l’avait mené aux quatre coins du monde. Ce n’est qu’au moment de sa retraite que nous avons eu le plaisir de le voir nous rejoindre régulièrement lors de nos rencontres annuelles.
C’est alors que nous avons fait la connaissance de son épouse Tina ; tous deux se sont immédiatement fondus dans le climat de fraternité et d’amitié qui caractérise nos retrouvailles. En 2003, Tina et René avaient d’ailleurs accueilli la promotion à Nice, où ils avaient finalement posé leurs valises de globe-trotters. Toute la promotion adresse à Tina ses plus sincères condoléances et s’associe pleinement à elle dans cette terrible épreuve.La Promo KIN-52-56
(*) Contribution de J.-C. Largounez:René Dompnier le basketeur, et Denis Villanove, Jean-Claude Largounez et Jean Daraud † (Ai-53), les rugbymen, ont été champions d'Académie du relais 4x100 m à deux reprises.
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Témoignage du D.P. Denis Villanove Nos chemins se sont rarement croisés mais nos âmes de sportifs étaient complémentaires : René au ballon rond … le mien était ovale, et ensemble nous avons porté l’UAI au niveau national : Sucy en Brie 1953/54/55. Plus tard nous avions rapproché nos deux Côtes : lui, l’Azur [Nice (2003)], et moi la Vermeille [Canet (2005)] , qui accueillirent notre promo en retrouvailles que René et Tina animèrent. Je l’ai retrouvé à notre Cercle de l’Ayguelongue, et, hélas, René nous quitte trop tôt, n’ayant pu nous transmettre son savoir sur le pétrole de schiste qui fut sa passion tout au long de sa carrière..
Ton délégué de promo te pardonne, cher René.. Adieu, l’ami.
Témoignage de Jacqueline Galabert Nous avons refait connaissance avec René et Tina au cours de notre voyage en Alsace quand, au début d'un repas, nous avons vu débarquer un magnifique cowboy avec sa cowgirl… Peu d'entre nous les ont reconnus tout de suite, mais leur sourire et leur gentillesse leur ont fait retrouver leur place très vite dans la promo. Nous avions l'impression de les avoir toujours vus et ils n'ont eu aucun problème dans la chaude ambiance et l'amitié de notre promo. Courage, Tina. Nous pensons à toi et t'embrassons.
des archives de Guy Comte
Guy Comte, Voironnais de la Nat avant de devenir Zapache, a retrouvé dans ses souvenirs de l’ENP un portrait de René dressé par ses condisciples. En voici quelques lignes parmi les moins absconses, livrées dans leur version originale faute de pierre de Rosette pour en restituer toute leur signification avec assez de précision: * C’est le plus long étalon du R.C. * Jongle avec les assiettes et parfois ne les rattrape pas. * Chevalier de la « palla canestra », ses absences font gagner son équipe. * Affectionne particulièrement la glob’s, qui allonge sa liste de punitions. * Se délasse au fond de l’étude en allongeant ses segments.
À travers ces traits sans concession mais affectueux, on devine René : grand adolescent dégingandé, un peu embarrassé de membres qui avaient poussé trop vite, déjà passionné de basket, et enclin aux bêtises ordinaires des pensionnaires de cet âge. Le tout dans l’atmosphère si particulière de l’ENP, antichambre des Arts & Métiers, avec ses codes, ses traditions et son jargon. La photo prise à cette époque le montre concentré sur un problème de géométrie plane, entouré de ses inséparables cop's, Guy Serre et Jacques Delubac (manque le quatrième : Dominique Baudin † 2016).
André Pouy évoque des souvenirs de René, Zident de l'UAI..
André Pouy se souvient que René Dompnier, alors Zident de l’UAI et toujours soucieux de renforcer des effectifs clairsemés, trop souvent détournés par le Mirab’s et les bals aixois, l’avait recruté en troisième année pour courir le 400 mètres, lors de compétitions locales ou inter-écoles. Le succès n’était pas toujours au rendez-vous, en particulier lorsque les Poussins de Salon présentaient leurs concurrents. Mais l’essentiel était ailleurs : participer, dans le plus pur esprit olympique. André garde ainsi de René le souvenir d’un camarade sportif engagé, persuasif et jamais enclin au découragement.
L’année suivante, à la Cité Universitaire de Paris, c’est vers le judo que René entraîna André. Aucun des deux ne porta jamais une ceinture d’une autre couleur que blanche. En évoquant l'anecdote, André revoit encore un combat de René, toujours aussi grand mais désormais doté d’une carrure d’adulte, face à un adversaire asiatique, petit et frêle, sans doute recruté sur la réputation collective des Japonais pour cette discipline. La ceinture de ce dernier était pourtant, elle aussi, restée bien blanche, et André se souvient de l’inquiétude qui saisit la salle lorsque, peut-être à la suite d'un O-Soto-Gari mal exécuté René chuta lourdement sur son adversaire. Heureusement, il y eut plus de peur que de mal.
La personnalité de René dans nos années de jeunesse demeure gravée dans nos mémoires : celle d’un garçon athlétique, dévoué et profondément gentil, toujours d’humeur égale. |